Thomson : Angers Loire Métropole rachète le tout aux enchères

Comme prévu, l’Agglomération d’Angers a racheté l’ensemble de l’outil de production de Thomson mis aux enchères hier sur le site même de l’entreprise liquidée début octobre. L’objectif d’Angers Loire Métropole est d’y faire renaître, clefs en main, une activité industrielle liée à la filière électronique.

Si l’activité de Thomson a vécu à Angers, le bâtiment à bardeaux jaune du boulevard Gaston- Birgé, élément incontournable du patrimoine industriel angevin, ne sera pas vidé de sa matière, comme l’ont craint, encore hier, les quelques salariés licenciés venus assister à la mise à l’encan de leurs anciennes machines sous l’autorité froide d’un commissaire-priseur.

Angers Loire Métropole propériétaire du matériel

Avant la séance, Angers Loire Métropole (ALM) avait annoncé son intention de surenchérir suffisamment haut pour qu’aucun des outils constitutifs de l’ancienne ligne de production de l’usine ne lui échappe et parte en morceaux.

Il fallait donc mettre de l’argent sur la table, beaucoup, et la jouer très  fine. C’est Elie de Foucauld, directeur d’Angers Loire développement, qui était chargé de la manœuvre : monter au créneau sur chacun des lots liquidés et annihiler toutes répliques.

Dans l’affaire, Angers Loire Métropole a engagé la somme rondelette de 400 000 € qui s’est ajoutée à sa mise de départ, soit plus d’un million d’euros au total : la collectivité devient donc propriétaire des machines et outils de l’ex-usine Thomson.

200 emplois à sauver ?

Le jeu en valait-il la chandelle ? Si l’opération avait aussi une vertu symbolique pour des salariés meurtris par ce qu’ils considéraient légitimement comme une sorte de « dilapidation » de leur outil de travail, elle entretient, selon les élus angevins, aussi et surtout l’espoir d’un nouveau départ industriel sur le site de Gaston-Birgé.

« En effet, la période d’observation a permis de mettre en lumière de fortes potentialités en matière de sous-traitance électronique sur des moyennes séries » explique, dans un communiqué Angers Loire Métropole qui se dit persuadée « de la viabilité du projet d’Unité Industrielle partagée (UIP) et de sa faisabilité au sein d’une filière de l’électronique professionnelle pour laquelle les collectivités territoriales se mobilisent en portant, aux côtés des acteurs de la filière, le projet de campus de l’électronique ».

L’enjeu social ? « 200 emplois » selon Jean-Claude Antonini, président d’Angers Loire Métropole, et Frédéric Béatse, maire d’Angers.

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