Angers 7, la télé locale en cessation de paiement

Alors que le groupe Ouest-France vient de se désengager de son capital, la chaîne locale Angers 7, qui a déposé le bilan le 16 avril, pourrait cesser d’émettre dès mercredi si, faute de repreneurs, le tribunal de commerce décide de prononcer sa liquidation judiciaire.

« Angers 7 n’est plus en mesure de diffuser vos programmes habituels… »
Depuis samedi, ce texte, inséré dans un bandeau noir, défile sur la chaîne locale, dont les programmes se résument à une suite de rediffusions.
La veille, le président d’Angers 7 Antoine de Tarlé avait annoncé la décision prise par le conseil d’administration de déposer le bilan auprès du tribunal de commerce.
Les juges statueront dès mercredi 21 avril sur le sort de la chaîne locale, dont l’unique espoir repose désormais sur un improbable projet de reprise, espoir qu’a un temps incarné le patron de TV Rennes 35 Jean-Luc Nelle et co-directeur de TV Loco qui s’était déclarée candidate à la reprise des parts détenues par Sipa Ouest France dans le capital d’Angers 7.
Mais visiblement, les négociations avec la Ville d’Angers, qui possède également une minorité de blocage dans le capital de la chaîne (34%), ont échoué.
C’est du moins ce qu’a laissé entendre ce lundi un adjoint au maire d’Angers lors d’une conférence de presse organisée à la Mairie : « il nous a bien fait comprendre que la Ville ne voulait pas s’investir sur la base d’un nouveau projet avec Jean-Luc Nelle » a résumé Marion Marchand, déléguée adjointe du personnel d’Angers 7.
Dans ce contexte, si le tribunal de commerce d’Angers n’opte pas mercredi pour une procédure de redressement judiciaire, qui donnerait le temps à d’autres repreneurs potentiels de se positionner, c’est bien la liquidation judiciaire d’Angers 7 qui pourrait être prononcée, autrement dit l’arrêt instantané et définitif de la chaîne.
A l’issue du dernier conseil d’administration, Antoine de Tarlé avait fait le constat d’une « situation financière qui ne permettait plus à Angers 7 de poursuivre son activité », notamment en raison des recettes publicitaires qui se sont avérées « très inférieures » aux prévisions.
Et le président du CA d’ajouter qu’ « aucun des actionnaires ne désire prolonger une exploitation qui s’est soldée par une perte de plus de deux millions d’euros » en trois ans.
Dans un communiqué diffusé sur internet, le personnel de la chaîne (16 salariés, dont 6 journalistes) exprime « son inquiétude et surtout son envie et sa motivation de voir Angers 7 continuer ».

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