Soir de fête tragique à Angers : le balcon était-il aux normes ?

Un balcon situé au troisième étage d’un bâtiment s’est effondré samedi soir en centre-ville d’Angers, faisant quatre morts âgé de 18 à 25 ans. Une longue enquête a débuté pour déterminer les causes exactes du drame.

Baptiste Ferchaud (25 ans), Benjamin Groud-Brisset (23 ans), Antoine Courgeon (21 ans) et Lou Chéné (18 ans) sont décédés samedi soir alors qu’ils célébraient une pendaison de crémaillère dans l’appartement de deux étudiantes, logées dans la résidence Le Surcouf, 25 rue Maillé. Avec un groupe d’une quinzaine de jeunes, ils se tenaient sur le balcon (côté cour) lorsque celui-ci s’est brutalement effondré, entraînant dans sa chute les balcons des deux étages inférieurs. Pris dans les décombres amoncelés sur une terrasse du rez-de-chaussée, les quatre amis n’ont pas survécu. Quatorze personnes s’en sont tirées miraculeusement.

Un immeuble mal conçu ?

« Je venais juste d’arriver et au moment où j’ai voulu monter sur le balcon, ça s’est effondré, comme ça, devant moi, et d’un seul coup » a témoigné Marika au micro d’Europe 1. Sous les trois portes-fenêtres, rien ne subsiste des dalles de béton à part une trace sombre sur le mur d’où dépassent des restes tordus de l’ancienne armature métallique. Aucun élément de la rambarde n’a tenu, comme si l’ensemble de la structure avait été cisaillée net le long de la façade avant de tomber de tout son poids dans le vide.

Quelques heures après le drame, le maire d’Angers Christophe Béchu pointait d’éventuelles malfaçons dans la conception du bâtiment construit au début des années 2000. Des arrêtés de mises en péril ont été pris par la municipalité pour les trois appartements sinistrés, une mesure d’urgence qui implique le relogement de leurs occupants ailleurs, le temps que les expertises en cours fournissent leurs résultats.

Le procureur de la république d’Angers a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire pour homicides et blessures volontaires. Les services de police du Commissariat et du SRPJ d’Angers sont chargés de mener les investigations.

Jérôme ALBERT