Le forfait voiture, nouveau paradigme de l’industrie automobile

Un peu partout dans le monde, les experts (architectes, urbanistes, collectivités) réfléchissent à un monde « sans voiture », dit « post car ». Dans les pays du Nord (Norvège), les pouvoirs publics taxent lourdement les véhicules à moteur à essence et diesel afin de favoriser l’électrique qui, selon certains, « va tout emporter dans les 10 ans qui viennent ». A cela s’ajoutent le covoiturage en ville et la progression des forfaits voiture, avec la location durée.

Tous ces exemples font montre d’une transformation profonde de l’industrie automobile ces dernières années.

Aujourd’hui, si l’achat d’un véhicule progresse moins vite que la location longue durée, c’est que les usages changent. Au lieu de payer un véhicule plusieurs milliers d’euros, les constructeurs misent sur les « forfaits voiture » dans leurs publicités. Ils communiquent sur le tarif mensuel. Les automobilistes s’engagent sur 2 à 3 ans avec, bien souvent, l’assurance et l’entretien inclus. Les constructeurs concurrent ainsi les opérateurs traditionnels, comme ceux du Grand Ouest, Formule Longue Durée ou encore des acteurs plus iconoclastes comme l’offre à l’année Véhicule Idéal.

Fin 2016 en France, sur 1,3 millions de véhicules loués, la location a même bondi de 9%, ce qui représente une performance deux fois plus importante que celle du marché des voitures neuves.

L’intérêt est donc là. Le marché semble évoluer de l’acquisition à l’usage ou location. Les clients préservent leur trésorerie et n’ont plus à se soucier de la dépréciation de leur véhicule.

Cette reconfiguration du marché va probablement amener les constructeurs à sortir de leur zone de confort. En effet, si les opérateurs traditionnels sont des spécialistes de la relation client, ce n’est pas le cas des constructeurs. La transformation des usages côté clients va donc se traduire inévitablement par une transformation du métier des industriels automobiles, lesquels devront gérer la relation client dans la durée.